Bienvenus carpistes

La truite
1 novembre, 2010, 10:47
Classé dans : POPULATION des rivieres

Salmo

La truite

Salmo

Salmoniformes – Salmonidés

La famille des salmonidés regroupe des poissons osseux des eaux fraîches, à deux nageoires dorsales, dont la seconde est adipeuse.

Exemples : le saumon, l’ombre et la truite.

Truite (du bas latin tructa) est le nom courant donné à de nombreuses espèces de poissons appartenant à la famille du saumon.

Les truites « vraies » constituent le genre Salmo.

Les truites sont très appréciées pour la pêche et la consommation alimentaire…

                                                            Les espèces de truite

L’espèce la plus courante de truites est la truite d’Europe Salmo trutta Linné, 1758. Elle est reconnaissable à sa grande bouche, son dos violet, ses marbrures sombres et ses petites taches latérales rouges ; la coloration générale étant gris foncé ou vert.

On en connaît de nombreuses sous-espèces. En Europe, ce sont, par exemple :

  • S. trutta trutta, la truite de mer

  • S. trutta fario, la truite de rivière = truite brune.

  • La truite de rivière est un poisson dont la taille et le poids sont totalement dépendants de la qualité des eaux et de leur richesse en éléments nutritifs. Longue de 25 à 40 cm (exceptionnellement 70), elle se reconnaît à :

    • son corps élancé adapté à une nage rapide,

    • sa nageoire dorsale insérée à égale distance de la tête et de la queue et située à l’avant d’une petite nageoire adipeuse,

    • ses longues nageoires pectorales (1/7 de la longueur du corps)

    • sa large nageoire caudale droite ou très légèrement échancrée,

    • sa tête massive et bien profilée qui se termine par un museau pointu et une bouche largement fendue, armée de nombreuses petites dents acérées, implantées sur les mâchoires, les os de la bouche et la langue.

    Le mâle se reconnaît à ses mâchoires plus conséquentes et à ses dents fortes et crochues, recourbées vers l’arrière.

    La truite a des couleurs variables selon selon les cours d’eau voire même à l’intérieur d’un même cours d’eau :

    • généralement un dos sombre, brun-foncé à gris-verdâtre, des flancs aux teintes dégradées constellés de points noirs et rouges légèrement circonscrits de rose ou de bleu (ces taches distinctives apparaissent aussi sur les opercules et la nageoire adipeuse mais pas sur la caudale),

    • très sombre sous les roches ou dans les cours d’eau ombragés,

    • argentée sur les gravières et dans les cours d’eau ensoleillés.

    La truite doit ce mimétisme à la contraction ou à la dilatation de ses cellules pigmentées.

  • Il en existe en fait 4 formes en France :

    • La truite Atlantique, claire avec peu de taches :

      • La forme ancestrale vit dans les cours d’eau du Pays Basque et de Bretagne,

      • La forme moderne (à laquelle se rattachent les souches de pisciculture) vit dans presque toutes les rivières de la côte Atlantique française.

    • La truite basque, a de très larges taches noires ou brunes et peu ou pas de taches rouges.

    • La truite méditerranéenne, qui vit dans les cours d’eau de la côte méditerranéenne, a une multitude de taches noires.

    • La truite corse a un petit nombre de grosses taches sur un fond gris. On pense que c’est la forme la plus ancienne.

    • La plus importante des truites est la truite arc-en-ciel Oncorhynchus mykiss, originaire des lacs et des cours d’eau américains. Elle est largement répandue dans le monde entier. La truite arc-en-ciel est une prise hautement appréciée des pêcheurs, car elle se débat pour se libérer, en faisant de grands bonds hors de l’eau.

      La « tête d’acier », la forme anadrome de la truite arc-en-ciel, est également une prise appréciée.

       

      Le régime alimentaire de la truite

        

      La truite de rivière est un poisson carnivore, très vorace, qui chasse aussi bien le jour que la nuit avec une préférence pour le jour et le crépuscule en été, et pour la nuit au début de l’hiver.

      Elle se nourrit indifféremment

      • de petits invertébrés (crustacés, mollusques, larves d’insectes aquatiques ou aériens),

      • de petits poissons (vairons, goujons, loches, chabots, alevins de perches),

      • parfois de jeunes congénères ou de petites grenouilles…

      La composition de sa nourriture varie en fonction de la saison et de sa taille.

      • En rivière comme en lac, les truites consomment de plus en plus de poissons quand elles vieillissent.

      • En hiver – après une activité intense pour préparer la période de reproduction – elle ralentit son alimentation (elle peut même cesser de manger) et ne reprend son activité maximale qu’au printemps. Le rythme et le taux d’alimentation sont orchestrés essentiellement par la température et la lumière.

      La truite en quête de nourriture a un comportement caractéristique : elle se place à l’affût, proche d’un obstacle en adoptant une nage stationnaire dans une veine d’eau susceptible de lui apporter un maximum de nourriture. Elle regarde venir sa proie, la laisse passer puis se retourne pour la poursuivre et finalement s’en saisir. Elle sélectionne ses proies suivant des critères visuels, olfactifs ou gustatifs.

    • Si la truite se trouve dans toutes les régions de France (zones grises sur la carte d’Europe ci-dessus) – aussi bien en plaine qu’en montagne – elle ne peut vivre

      • qu’à des températures inférieures à 18°

      • que dans des eaux relativement pures et bien oxygénées.

      En Europe, à l’origine, on trouvait la truite de rivière dans tous les cours d’eau froids et propres, bien aérés dans leurs cours moyen et supérieur, ayant des pentes comprises entre très fortes et douces, et des températures ne dépassant jamais longtemps 20 à 22 °C en été. Les facteurs déterminants qui caractérisent l’habitat de la truite de rivière sont :

      • le courant

      • la morphologie du lit

      • la lumière

      • les facteurs physico-chimiques : dioxygène dissous dans l’eau, température, pH (degré d’acidité de l’eau)

      • les végétaux dans la rivière et sur la rive.

      La truite de rivière, plutôt solitaire, a deux types d’endroits privilégiés :

      • Un poste de repos = de sécurité partagé avec d’autres poissons. A l’abri des pierres ou dans la berge, ce poste permet à ce poisson sauvage de se dissimuler et d’attendre la fin du danger.

      • Un poste de chasse défendu âprement, dont la qualité est proportionnelle à la taille de l’animal. Si la truite vient à mourir, le poste de chasse est immédiatement pris par une congénère en attente de son tour.

      • La truite, un poisson menacé

          

        L’espèce semble menacée actuellement aux niveaux de l’abondance et de la variabilité génétique.

        • La baisse d’abondance provient d’une dégradation des biotopes de reproduction et de croissance des alevins en liaison avec les activités humaines présentes sur les bassins versants (érosion et colmatage).

          (on appelle bassin versant = bassin hydrographique. l’ensemble des reliefs inclinés vers un même cours d’eau qui collecte les eaux de ruissellement qui, à son tour, se jette dans un autre et ainsi de suite.)

          Par exemple, les barrages retiennent les graviers nécessaires aux renouvellements des sites de reproduction de la truite. 

        • L’accroissement des déversements de juvéniles d’élevage de forme atlantique moderne risque de faire disparaître les souches locales.

          Les barrages empêchent les migrations des truites : 

          • La truite lacustre est considérée comme une espèce fortement menacée au niveau suisse. Elle se reproduit dans les rivières, les jeunes y séjournent de 1 à 3 ans, avant de migrer dans le lac pour y grandir fortement. Les adultes quittent le lac une fois la maturité sexuelle atteinte et migrent à nouveau, de mi-novembre à mi-février, dans les rivières pour se reproduire. Ces migrations sont aujourd’hui compromises à cause des nombreux obstacles construits dans les rivières : barrages hydroélectriques, seuils pour prises d’eau, etc. La dégradation de la qualité de l’eau et du substrat de nombreux affluents compromet gravement les chances de réussite de la reproduction naturelle. Diverses études ont démontré que les truites revenaient régulièrement dans la même rivière, probablement dans celle où elles sont nées. La reproduction naturelle de la truite lacustre n’a cependant un succès relatif que dans un très petit nombre d’affluents.

          • La truite de mer est considérée comme vulnérable en raison des obstacles à sa migration empêchant l’accès aux zones de reproduction.

        • La pollution peut avoir de graves répercutions… Exemple dans une rivière Suisse, la Petite Sarine.

        • Le frai naturel de la truite est présent dans la Petite-Sarine. Lors de la saison d’étude 1998-1999, l’association qui étudie les frayères de cette rivière a observé une diminution de 46 % de la surface totale des frayères par rapport à la saison 1997-1998.

          Pourquoi 46 % de réduction ?

          Le 31 juillet 1998, une grave pollution est survenue au lieu dit Pont de la Tuffière. Cette pollution est survenue au km 7 et a eu des répercutions immédiates sur 2 km en aval et, selon l’indication du garde-pêche présent lors de cette pollution, environ 400 kg de poissons, dont 338 truites sont mortes et ont été repêchées (Le garde-pêche estime à environ 170 poissons le nombre qui n’ont pas pu être repêchées).

          Les 3/4 de ces truites était des géniteurs (> 35cm). La perte de ceux-ci a eu des conséquences sur le frai des truites pendant de la saison 1998-1999. En effet, la diminution de la surface des frayères en 1998-1999 se situe principalement entre les km 6 et 9, soit 2 km en amont et 2 km en aval de l’origine de la pollution, soit une diminution sur ce tronçon de 64% par rapport à la saison 1997-1998.

          Le 6 avril 1999, après de nombreuses investigations l’auteur probable de cette pollution a été découvert…

          Des mesures de protection particulières de la population piscicole ont été proposées au Service cantonal de la Pêche, par exemple sur la taille de capture des poissons + un assainissement afin d’éviter de futures pollutions.

        • La truite, un poisson protégé

            

          La truite, sous toutes ses formes, est susceptible de bénéficier de mesures de protections prises dans le cadre d’un arrêté de biotope (arrêté du 8/12/88). La forme ancestrale corse figure aussi dans l’annexe II de la Directive Habitats-faune-flore et est considérée comme en danger d’extinction. Afin de protéger l’espèce, des mesures ont été prises visant notamment :

          • la taille minimale légale de pêche (entre 20 et 25 cm, 18 en Corse),

          • le nombre de prises par jour (de 6 à 10, selon les départements),

          • les dates d’ouverture (entre mars et septembre).

          Outre cette réglementation, il existe

          1. des mesures de protection concernant la surveillance de la qualité des eaux et la réhabilitation des habitats et des frayères. Cette gestion des populations de truite des cours d’eau français se fait sous le contrôle du Conseil Supérieur de la Pêche (CSP).

          2. des programme de repeuplement.

          C’est pour pallier au manque de réussite de la reproduction naturelle que les autorités suisses et françaises ont mis sur pied de vastes programmes de repeuplement. Ces programmes sont basés sur des mises à l’eau de jeunes individus élevés en pisciculture à partir d’oeufs prélevés sur des géniteurs sauvages capturés lors de leur migration hivernale. Malheureusement, en raison de la dégradation des affluents, ces mises à l’eau ne rencontrent qu’un succès mitigé à de nombreux endroits. Une renaturation de l’habitat est donc nécessaire pour favoriser la reproduction naturelle de l’espèce et augmenter l’efficacité du repeuplement.

          L’association Truite-Léman mène par exemple un travail de revitalisation sur le Boiron de Morges, en Suisse. La rivière présente cinq obstacles infranchissables à la migration des truites sur l’ensemble de son cours d’eau. La première de ces barrières se situait à quelques 500 mètres seulement de l’embouchure, empêchant toute migration des géniteurs en automne. Grâce au concours de nombreux partenaires, l’ouvrage a été complètement remanié au printemps 1997. Le principe du réaménagement a été de créer un ensemble de 5 chutes d’une hauteur maximale de 40 cm en aval de la chute existante, afin de permettre aux poissons de passer sous le pont et d’atteindre les sites favorables situés en amont.

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